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Edwin H. Armstrong, W2XMN (1890-1954)

Edwin Howard Armstrong est un des inventeurs géniaux oubliés de l’Amérique. Il entra sur la scène des grands inventeurs américains juste après des géants comme Thomas Edison et Alexandre Graham Bell. Mais son travail dans le domaine de la technique radiophonique fut peut-être, de celle de tous les inventeurs individuels, la plus importante des cinquante premières années de la radio. Il avait reçu une meilleure instruction que Michael Faraday, qui avait découvert en 1831 l’induction électrique alors qu’il était apprenti-relieur. Mais il avait la même intuition au sujet de la manière dont les ondes radio fonctionnaient et, en trois occasions au moins, Armstrong inventa des technologies extrêmement importantes qui firent avancer notre compréhension de la radio.

W2XMN

Au lendemain de Noël 1933, quatre brevets furent accordés à Armstrong pour son invention la plus importante : la radio FM. Jusque là, les radios grand public émettaient en modulation d’amplitude (AM). Les théoriciens de l’époque avaient déclaré que la radio en modulation de fréquence (FM) ne pourrait jamais fonctionner. Ils avaient raison pour la radio FM dans une bande étroite de fréquences. Mais Armstrong découvrit que la radio à modulation de fréquence dans une large bande de spectre délivrait un son d’une fidélité étonnante, avec beaucoup moins de parasites, et nécessitait bien moins de puissance d’émission.

Il fit une démonstration de cette technologie le 5 novembre 1935, au cours d’une réunion de l’Institut des Ingénieurs Radio, à l’Empire State Building de New York. Il tourna le bouton de réglage de la radio, captant au passage une multitude d’émission AM, jusqu’à ce qu’il trouve l’émission qu’il avait préparée, l’émetteur étant situé à vingt-sept kilomètres de là. La radio se fit tout à fait silencieuse, comme si le poste était mort, et alors, avec une clarté que personne dans la pièce n’avait jamais entendue venant d’un appareil électrique, elle reproduisit la voix d’un animateur : « Ici la radio amateur W2AG à Yonkers, New York, émettant en modulation de fréquence à deux mètres cinquante. »

L’auditoire entendit alors ce que personne n’avait cru possible :

On versa un verre d’eau à Yonkers, devant le microphone : le bruit ressemblait à celui de l’eau qui coule… On froissa et déchira une feuille de papier : le bruit fut celui du papier, et non le grésillement d’un feu de forêt… On passa un disque des marches de Sousa, et on joua un solo de piano et un air de guitare… La musique se répandit avec une clarté rarement, voire jamais entendue venant d’une « boîte à musique » radiophonique.

Comme nous le suggère notre bon sens, Armstrong avait découvert une technologie de radio très supérieure. Mais à l’époque de son invention, Armstrong travaillait pour la RCA. La RCA était alors l’acteur dominant du marché alors dominant de la radios AM. Vers 1935, il existait un millier de stations de radio à travers les Etats-Unis, mais les stations des grandes villes appartenaient toutes à une poignée de réseaux.

RCA

Le directeur de la RCA, David Sarnoff, un ami d’Armstrong, voulait qu’Armstrong trouve un moyen de supprimer les parasites de la radio AM. Il fut donc fort enthousiasmé quand celui-ci lui annonça qu’il avait un système pour supprimer les parasites de la « radio ». Mais quand Armstrong lui montra son invention, Sarnoff ne fut pas content.

« Je pensais qu’Armstrong allait inventer une sorte de filtre pour enlever les parasites de notre radio AM. Je ne pensais pas qu’il allait lancer une révolution : démarrer une fichue nouvelle industrie qui entrerait en compétition avec la RCA. »

L’invention d’Armstrong menaçait l’empire de la RCA, et la firme entreprit d’étouffer la radio FM. La FM était peut-être une technologie supérieure, mais Sarnoff était un tacticien supérieur. Comme le décrit un auteur,

Les atouts de la FM, essentiellement d’ordre technique, ne faisaient pas le poids face aux efforts des marchands, bureaux de brevets et cabinets d’avocats, pour éloigner cette menace contre l’industrie dominante. Car la FM, si on la laissait se développer librement, impliquait (…) un bouleversement des rapports de force au sein de la radio (…) et à long terme l’abandon du système soigneusement contrôlé de radio AM, grâce auquel la RCA avait bâti son empire.

Au début, la RCA confina la technologie au sein de l’entreprise, en insistant sur le fait qu’il était nécessaire de faire des expériences supplémentaires. Quand, après deux ans de tests, Armstrong s’impatienta, la RCA commença à utiliser son pouvoir auprès du gouvernement pour bloquer le déploiement de la radio FM dans son ensemble. En 1936, la RCA engagea l’ancien directeur de la FCC, avec pour mission de faire en sorte que la FCC attribuerait les fréquences de manière à castrer la FM, essentiellement en déplaçant la radio FM vers une bande différente du spectre. Au début, ces efforts échouèrent. Mais quand l’attention d’Armstrong et celle de la nation furent détournées par la seconde guerre mondiale, le travail de la RCA commmença à porter des fruits. Peu après la fin de la guerre, la FCC annonça un ensemble de mesures clairement destinées à paralyser la radio FM. Comme Lawrence Lessing le décrivit :

La série de coups qu’a reçus la radio FM juste après la guerre, sous forme de réglements dictés, à travers la FCC, par les intérêts des grandes maisons de radio, étaient d’une force et d’un caractère retors incroyables.

Afin de faire libérer des fréquences pour le dernier pari de la RCA, la télévision, les utilisateurs de la radio FM allaient être déplacés vers une bande de fréquences totalement nouvelle. Il fallut aussi diminuer la puissance des émetteurs radio FM, ce qui signifiait qu’on ne pouvait plus utiliser la FM pour radiodiffuser d’un bout à l’autre du pays. (Ce changement fut très fortement soutenu par AT&T, parce que la perte d’émetteurs relais FM impliquait que les stations de radio auraient à acheter des liaisons filaires à AT&T.) La progression de la radio FM fut ainsi étouffée, du moins provisoirement.

Armstrong résista aux efforts de la RCA. En réponse, la RCA résista aux brevets d’Armstrong. Après avoir incorporé la technologie FM dans les standards émergents de la télévision, la RCA déclara les brevets invalides, sans raison, et presque quinze ans après leur dépôt. L’entreprise refusa donc de lui payer des royalties. Pendant six ans, Armstrong livra une coûteuse guerre légale pour défendre ses brevets. Finalement, juste au moment où les brevets expiraient, la RCA proposa de transiger pour une somme si faible qu’elle ne couvrait même pas les frais d’avocats d’Armstrong. Défait, brisé, et désormais ruiné, Armstrong écrivit en 1954 un court billet à sa femme, et se donna la mort en se jetant par la fenêtre du treizième étage.

Tiré de « Free Culture », un livre de Lawrence Lessig disponible gratuitement en français sous licence Creative Commons.

Une biographie de Edwin Howard Armstrong a également été écrite par Lawrence Lessing (!) sous le titre « Man of High Fidelity » en 1956. Elle est disponible gratuitement en ligne.

Voir également ce site internet radioamateur qui perpétue son souvenir.

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Modes numériques

Sans doutes fachés par le revers que leur a infligé l’administration à qui ils avaient présenté des demandes d’autorisations dérogatoires concernant des modes et protocoles novateurs, les radioamateurs de l’association DR@F (qui œuvre à la promotion du mode D-Star en France) pointe du doigt une situation assez « amusante ».

Si l’on se réfère à l’Annexe 2 de la décision ART n° 2008-0841 du 24 juillet 2008 désignant des bandes de fréquences pour les installations de radioamateurs fixant les conditions d’utilisation des fréquences dans ces bandes et les conditions d’utilisation des installations de radioamateurs (ouf) on peut constater que nous sommes autorisés en A1A*, A1B, A1D, A2A*, A2B, A2D, A3E, A3F, A3C, C3F, F1A*, F1B, F1D, F2A*, F2B, F2C, F2D, F3C, F3E, F3F, G1D, G1F, G2D, G3C, G3E, G3F, R3C, R3D, R3E, J1D, J2A*, J2B, J2C, J3C, J3E, J7B.

Super. Ces classes d’émissions cabalistiques, nous les avons apprises pour la licence, et depuis, à part pour quelques QSL d’allemands rigoureux (pléonasme) ou d’hyperistes pointilleux (pareil) on ne s’en sert jamais.

Prenons des bons vieux modes comme on aime les nommer. Le RTTY par exemple. En langage UIT, cela correspond à de la télégraphie pour réception automatique, modulée en un signal unique, numérique, sans sous-porteuse. Si l’on fait ça en BLU (pardon, en modulation d’amplitude à bande latérale unique avec porteuse supprimée), on émet donc en J3B.

OK ? Hé bien le J3B, ça n’est pas autorisé !

Je n’ai pris qu’un exemple, et on pourra ergoter et torturer les classes d’émission sans fin pour essayer de « reclasser » le RTTY dans un mode autorisé. Ce n’est pas le sujet. Ce qui est important, c’est que le DR@F s’amuse ainsi à dresser une liste des modes numériques que nous utilisons de façons plus ou moins habituelle sur nos bandes, mais qui est pourtant illégale.

L’association joue à quitte ou double. En faisant cela, elle envoie le message suivant à l’administration et au REFU: Vous n’avez pas voulu autoriser/défendre notre demande pour le DSTAR, hé bien regardez, tout le monde fait des trucs interdits. Alors maintenant soit vous nous autorisez, soit vous sanctionnez tous les autres, en espérant que la dernière solution soit intenable, et donc que la première lui soit préférée.

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Visite à Paris

Une obligation professionnelle à Paris le Jeudi matin, c’est l’obligation d’y dormir le mercredi soir. Coup de chance, ça m’est arrivé la semaine dernière, alors que l’ARP organisait une conférence.. le mercredi soir !

Je ne connaissais l’ARP que par ses frasques anti-REF, mais j’avais constaté récemment à la lecture de sa lettre ouverte que mon point de vue et celui de F6GOX n’étaient finalement pas divergents.

Bref, après avoir flâné et mangé rue Mouffetard, je  me rends à l’ESPCI où a lieu la réunion. Dehors, un petit groupe discute QSL. Nous rentrons dans une salle confortable et après les présentations (nous sommes une quinzaine, je dirai) les intervenants exposent leurs sujets: F6FVY sur le CQ-WW-SSB depuis FY5KE, et F1VIP sur une antenne cadre utilisée par.. Saddam Hussein  !

Les sujets sont intéressants. Les antennes cadres sont plutôt une spécialité de parisien, je n’y connais pas grand chose. Pour ce qui est de FY5KE, la présentation met surtout en lumière la qualité de préparation logistique de telles opérations, nécessaire compte tenu de l’éloignement et du prix du transport.. ainsi que les qualités propres de la station, mais ça c’est une évidence (bravo à F5HRY pour son « serveur de beverage » !)

Un petit apéritif clôture la réunion et nous permet de discuter un peu, notamment avec quelques jeunes ingénieurs ou élèves-ingénieurs geeks-wifistes venus par curiosité. Les sujets sont variés, cela va des projets de l’ARP pour la remise en service d’une grosse parabole, aux projets des jeunes d’actionner à distance les freins de caddies de supermarchés, pilotés en VLF !

Si des jeunes ingénieurs venaient par surprise à l’une de vos réunions radioamateur, pensez-vous qu’ils repartiraient en courant, affligés, ou bien curieux et avec l’envie d’approfondir la chose ? S’il fallait une preuve de la qualité de cette réunion, je pense qu’elle à chercher par là !

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California

Samedi, de retour du salon de Millau

On a dark desert highway, cool wind in my hair
Warm smell of colitas, rising up through the air
Up ahead in the distance, I saw a shimmering light

Preque ça, même si j’ignore ce que sont les « colitas » et si l’on en trouve sur le Larzac. Bref, les lumières de la California QSO Party m’appelaient, ce samedi après-midi. J’ai vite imprimé ma liste des comtés californiens et me suis branché sur les fréquences de prédilection de la CQP. Démarrage à 16Z.

Joie ! Les stations sont nombreuses et les signaux sont bons ! En quelques heures, je réalise plusieurs dizaines de QSO avec plein de nouveaux comptés.

La nuit tombée, les signaux sont encore plus nombreux et forts, mais les stations californiennes répondent surtout à celles de la côte Est, et il devient difficile de me faire entendre.

And I was thinking to myself,
this could be heaven or this could be hell

Je poursuis un peu, et j’arrête vers minuit.

My head grew heavy and my sight grew dim
I had to stop for the night

Le lendemain, la journée se passe, inutile de m’y remettre avant que les signaux ne réapparaissent sur 20M. Vers 16h, les activités reprennent. J’atteins les 100 QSO et ma carte de Californie est de plus en plus coloriée.

A la tombée de la nuit, je m’aperçois que les signaux sont bons sur 15M, et je pars y faire quelques tours de VFO.

Relax,  said the night man,
We are programmed to receive.
You can checkout any time you like,
But you can never leave!

Difficile d’arrêter alors que le compteur est monté, quitte à avoir bien commencé on se dit qu’il faut bien finir ! Je reste donc jusqu’à minuit.

Bilan de ma « California QSO Party 2009 » : 200 QSO avec des stations de Californie contactées dans 53 comtés (sur 58, les 5 non contactés sont en orange ci-dessous).

What a nice surprise

stout06

NB: Les passages sont repris de « Hotel California » bien entendu. J’avais pensé intituler mon article « Santa Barbara » mais, qui me dira pourquoi, j’ai préféré les Eagles. Sans doute parce que Joe Walsh, guitariste et chanteur du groupe, est radioamateur sous l’indicatif WB6ACU !

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Millau

Je crois que finalement je vais aller au salon de Millau, demain. Une heure de route, ce n’est pas trop, je partirai tôt le matin et rentrerai pas trop tard pour préserver quelques activités familiales.

Je ne suis jamais allé à ce salon qui n’est qu’à sa deuxième édition.

Je vous raconterai, mais vous pourrez me suivre (et m’envoyer des messages), bien entendu !