Vous partez en expé sur une île lointaine (aux Pitcairn on va dire, comme ça par hasard). Pour ajouter au fun et à la satisfaction de vos correspondants potentiels, vous décidez de leur permettre de vous suivre en temps réel.
Twitter, par exemple, pour leur dire que vous êtes sur le bateau et que les amplis viennent de tomber à l’eau, que votre second avion est en panne et que vous êtes bloqué sur une autre île etc etc..
C’est bien beau, mais pour twitter il faut du réseau, wifi ou 3G, et il n’y en a pas partout. Peut-être sur quelques îles, mais certainement pas au milieu du Pacifique. Alors vous pouvez toujours essayer de faire de l’APRS ou du PSKmail en déca sur 30m, mais bon..
Il y a mieux, car apparemment les petits émetteurs satellite se démocratisent !
Pour 200€ à l’achat et un forfait de service pas très cher, vous avez un petit boitier qui permet de vous localiser, d’envoyer des messages, des SOS. Pas beau ça ?
Allez, questions en vrac:
Est-ce que ça va marcher ? Perso, je pense que oui. D’une part parce que c’est pas cher par rapport au service apporté. D’autre part parce que ces machins, présentés comme accessoires pour grands voyageurs, se vendront aussi aux papy et mamies américains pour qu’ils puissent appuyer sur SOS en cas de chute dans l’escalier.
Dans combien de temps verra-t-on la première expé radio avec un tel équipement ?
Si j’étais un éditeur de bulletin DX, je m’empresserai de faire l’acquisition d’un émetteur de ce genre et je passerai des deals avec les expés: Je vous passe le machin, ça vous fait une sécurité, vous pouvez l’utiliser pour rassurer la maison. En échange, j’ai votre tracking et je peux l’utiliser pour donner des infos sur votre expé en avance sur tous les autres.
Le projet West Ford est un truc venu des années 60, qui nous enseigne à quel point ces années ont pu laisser place aux initiatives les plus folles.
Le genre de conversation délirante qui aurait bien pu se tenir à Seigy après un apéro un peu arrosé, j’imagine: Balancer dans l’espace des millions de petites aiguilles métalliques, afin de créer un immense réflecteur faisant le tour de la Terre. Puis utiliser ce réflecteur comme on utilise l’ionosphère en ondes courtes, pour faire des contacts transcontinentaux en faisant rebondir les ondes sur l’immense réflecteur.. mais sur 8GHz !
Hé bien ils l’ont fait !
C’était l’époque de la guerre froide, et après Spoutnik (bon anniversaire!) les américains n’avaient qu’une seule crainte: Qu’un truc russe leur tombe sur la tête. Ils avaient mis en place des réseau de radars terrestres, et lancé un programme de satellites (défilants) pour surveiller les lancements de missiles depuis l’espace, les américains cherchent à sécuriser leurs communications intercontinentales, qui passent encore par cable sous-marin ou par ondes courtes.
C’est ainsi que le 9 mai 1961, une fusée Atlas a mis sur orbite, en plus d’un satellite Midas (pour la détection des lancements de missiles) un paquet de 480 millions de petits filaments de cuivre de 0,0178mm de diamètre et 1,78cm de long, à environ 3650km d’altitude. En 40 jours, l’ensemble s’est dispersé pour former une ceinture complète.
Depuis Millstone Hill (Westford, MA) vers Camp Parks (Pleasanton, CA), les militaires ont pu communiquer, sur 8GHz, en voix et en FSK. Malheureusement, l’éparpillement des aiguilles a causé une baisse de la qualité du réflecteur, et en quatre mois, le débit des communications a décru de 20kbps à 100bps.
Le système a été rapidement abandonné au profit des satellites de communication.
Certaines aiguilles ne s’étant pas dispersé comme prévu sont encore en orbite aujourd’hui, répertoriées comme des débris spaciaux.
L’histoire ne dit pas si les radioamateurs de l’époque ont pu utiliser ce réflecteurs (ou d’autres, comme les ballons « Echo ») pour leurs communications ?
Dans un article précédent, j’avais demandé chez qui vous commandiez des composants, lorsque vous en avez besoin. Il y a eu des commentaires intéressants. Henri F6FRA a donné une adresse que je ne connaissais pas, Christian F6DHI a rappelé qu’il était parfois préférable d’acheter auprès de particuliers.
Cette dernière remarque est vraie, mais avec quand même certaines limites:
Selon les travaux que vous envisagez, il est parfois préférable d’utiliser des composants neufs et d’origine connue. Par exemple, pour changer les capas de filtrage alim de mon ampli, si je les change par des capas incertaines, bof bof.. Plus généralement, j’avoue qu’en ce qui me concerne, avec mes mains carrées et ma faible expérience, j’ai suffisamment de sources de plantage lorsque je réalise quelque chose pour en rajouter avec des composants de récup, donc j’ai tendance à en commander des neufs, et même tendance à être « overkill » parfois. Je sais, c’est mal, mais faute avouée…
Les français sont les rois du commerce, c’est bien connu. Quand vous sollicitez un commerçant pour lui acheter quelque chose, il y a 50% de chances pour que vous le dérangiez, et si vous passez le filtre et réussissez à capter son intérêt, 50% de chance pour qu’il n’ait pas de stock, ou des frais prohibitifs ou.. A titre d’exemple, concernant mon ampli toujours, je dois changer deux tubes 3-500ZG. Une petite recherche sur le net me permet de découvrir que celles commercialisées sous la marque « Amperex » sont fabriquées en France (à Brive-la-Gaillarde). Regardez, elles sont là ! Je me renseigne un peu (merci Mauricette !) hé bien si vous voulez en acheter, il faut le faire chez des américains ! A quel prix ? « nous contacter » ! Moralité: J’ai acheté des tubes chinois (à un américain).
Bref…
Habituellement, je commande chez Radiospares. L’avantage que je leur trouve, c’est que les frais de port sont gratuits sans minimum d’achat. Je ne sais pas si c’est le cas général, ou bien si c’est lié au fait que je commande au nom d’une société (cela date de l’époque où ils ne vendaient pas aux particuliers) mais c’est ainsi et c’est fort appréciable. Par contre, s’il n’y a pas de minimum d’achat, il y a souvent des quantités minimales, donc si vous avez besoin de deux fusibles, il faut en acheter 10. Au moins vous en aurez d’avance, me direz-vous.
La semaine dernière j’ai commandé chez Mouser, et j’y ai découvert quelques points intéressants:
La possibilité de partager un « projet ». Super pour notre hobby ! Vous créez un kit, vous vendez le circuit imprimé et pour les composants, vous envoyez aux acheteurs le lien vers le projet, ils n’auront qu’à cliquer dessus pour se retrouver avec une liste complète des composants du projet, et pourront les ajouter tous d’un coup à leur panier.
Si l’auteur du « projet » prend la peine de référencer les composants par rapport à la nomenclature de son schéma, vous retrouverez les nomenclatures des composants sur les sachets plastiques qui les contiennent.
Pas de quantités minimales. Il vous faut une capa céramique, hé bien vous aurez un sachet avec une capa céramique dedans. Bon, du coup vous aurez assez de petits sachets plastique pour tenir jusqu’à la fin de vos jours.
Port gratuit à partir de 75€ d’achat. Et c’est livré DDP, c’est à dire « Delivered Duty Paid », donc sans taxation douanière pour votre pomme. Livré par FedEx, ça arrive vite.
Le choix est plus vaste que chez Radiospares. Par exemple, en cherchant les capas de filtrage alim pour mon ampli, j’y ai trouvé plusieurs fabricants, plusieurs tailles etc.. alors que chez RS c’était « ça ou rien » et chez les « petits » (selectronic, conrad..) il n’y en avait pas.
Et puis ça vient de Memphis, Tennessee, et ça c’est imparable coco !
Pour faire suite aux épisodes précédents (1, 2) j’ai poursuivi mes investigations hier en testant un tube suspect pour déterminer s’il était encore fonctionnel ou pas.
Pour des néophytes comme moi, les triodes ont cela d’appréciable qu’elles sont simples à comprendre: Cathode/filament, grille, anode (plaque). Donc, si tout va bien, le tube étant retiré de son circuit, les différents composants sont isolés les uns des autres. Si vous avez un court-circuit entre le filament et la grille, par exemple, c’est mauvais.
Dans mon cas, un test à l’ohmmètre ne montrait pas de court-circuit franc: Isolement entre filament, grille et anode.
Mais la lecture de cet article (en anglais) a attiré mon attention sur la nécessité de tester le tube sous haute-tension pour détecter les problèmes. Si votre tube n’est plus à vide, par exemple, un test à l’ohmmètre pourra ne pas montrer de court-circuit, alors que l’application de la HT fera des dégats.
Gridded power tubes need a good vacuum in order to function properly. A vacuum test is made with no filament voltage applied. HV is applied between the anode and a grid. A healthy 3 – 500Z will typically exhibit less than 10uA of current-leakage at double the rated anode-voltage.
The Breakdown Voltage Tester can also be used to check the alignment of the filament in a 3-500Z. When its filament is cold, a healthy 3-500Z can withstand 7 – 8 kV between its grid and filament. If the filament is not concentric with the grid, the breakdown voltage will be lower. This problem is usually brought about by intermittent VHF parasitic oscillations–a condition that generates a large pulse of cathode and grid currents. The principle is simple: a flow of electrons is always accompanied by a magnetic force. The larger the current, the stronger the force. During an intermittent VHF parasitic oscillation, the magnetic force is sometimes strong enough to bow the hot, tungsten filament wire helices toward the grid. If the [cold] filament to grid withstanding voltage of a 3 – 500Z is less than 6kV, a grid to filament short may occur when the tube is hot.
L’auteur de l’article, AG6K, conseille donc de tester le tube « à froid » (filament non alimenté) et de vérifier l’isolement en appliquant une source de haute tension sur un élément. Si un courant significatif s’établit avec l’autre élément, il y a un défaut d’isolement et le tube est bon pour servir de presse-papier.
Attention, il faut que le courant soit limité ! Si vous provoquez un court-circuit à quelques kilovolts et que votre source de HT est capable de débiter du jus, vous risquez de provoquer un feu d’artifice et de ne même plus avoir de presse-papier pour vous consoler.. ou consoler votre veuve..
Par chance, la boîte dans laquelle je travaille est équipée d’une cabine de test HT (entre autres choses, il s’y fabrique des liaisons haute-tension qui vont dans les transformateurs, et la norme impose de tester individuellement chaque liaison).
La cabine de test
La cabine de test est assez grande. A l’intérieur, un gros transfo, la haute tension sur un « rail » au plafond, et tout le reste (sol, murs) est à la masse.
Intérieur de la cabine
Nous avons eu quelques difficultés à installer le tube, beaucoup plus petit et léger que les liaisons habituellement testées ici. Mais avec quelques accessoires, nous avons finalement réussi.
Le tube prêt à tester
Une fois le tube installé, on sort de la cabine, on ferme, et on va au tableau de commande qui se trouve à l’extérieur.
Pupitre de commande
Le test est fait en mode « manuel », c’est à dire que c’est l’opérateur qui augmente progressivement la tension.
A peine quelques centaines de volts passés, un (faible) courant s’établit entre l’anode et la grille. Et arrivé à 500-700 Volts, la machine coupe et signale un défaut, alors que le tube devrait supporter, selon l’article, le double de la tension de service.
Voila… Moralité: Malgré le test à l’ohmmètre qui ne révélait rien, un test sous haute-tension montre qu’il y a un problème (sans doute de vide ?) dans mon tube.
La bonne nouvelle, c’est que j’ai gagné un presse-papier..
Suite de mon article d’hier. Ne pouvant pas attendre davantage, et ayant eu la chance de rentrer un peu tôt de mon boulot hier, j’ai entrepris d’installer l’antenne de réception du SBS à son emplacement définitif.
J’avais hésité un moment à l’installer sur le pylône, puis j’y avais renoncé pour deux raisons:
Je n’ai toujours pas installé le commutateur d’antennes déca (aïe, pas taper!) et donc mes deux coax qui font station-pylône sont utilisés.
Même si je le faisais, et même si mes coax sont des LDF4-50, il y a environ 60m à faire, ce qui implique des pertes significatives sur 1GHz.
Donc, même si je n’exclus pas de tester un jour ce que ça donne sur le pylône en guise d’expérience, j’ai fait mon installation sur le toit de la maison, ce qui était assez simple puisque j’avais déjà un mat pour antenne télé de libre (n’ayant pas de télé, j’avais viré l’antenne en me disant que le mat me servirait bien un jour)
L’antenne est assez discrète, elle fait 53cm. Elle est suivie d’un préampli alimenté depuis le bas, puis de 10m de coax qui débouchent dans mon garage, au niveau de la baie de brassage dans laquelle le SBS est installé
Murphy m’a laissé tranquille, et l’installation a été rondement menée. Il ne restait plus qu’à voir le résultat, c’est à dire l’amélioration entre mercredi (antenne au niveau de la gouttière) et jeudi (antenne sur le toit).
Pour le « avant », voir l’article d’hier, et voici le « après »:
Sans surprise, il y a une amélioration, et sans surprise, elle a surtout lieu vers le sud. Ce n’est pas étonnant puisque dans la configuration précédente, l’antenne était masquée du Sud par le toit de la maison.
Je dois avouer que je suis très satisfait ! Couvrir depuis Barcelone jusqu’à Besançon, ça fait quand même une belle zone !
Cette couverture est basée sur tous les niveaux de vols. Les avions que je reçois le plus loin sont bien entendu ceux qui sont le plus haut (en transit, la majorité évolue entre 34 et 40000 pieds)(si vous voulez faire le cake, vous parlez en « flight level » et vous dites FL340 ou FL400).
Ce qui est encore mieux est de pouvoir recevoir les avions « bas », c’est à dire ceux qui décollent ou atterrissent, bien sur, mais aussi ceux qui évoluent à des niveaux moins élevés (les ATR72 de Air Corsica qui font des liaisons Corse-Continent évoluent vers 15000 pieds).
Sur ce point aussi, l’amélioration est sensible puisque je peux désormais recevoir les avions à Marseille à partir de 2000 pieds et ceux de Montpellier à un peu moins de 1000. J’ai même pu voir des avions en descente vers Perpignan ou Nice !
Regardez ce que donne la couverture si je limite aux avions qui sont au maximum à 15000ft d’altitude:
Notez que cette carte montre la couverture réelle, pas un calcul théorique. Si il y a des « trous » de réception dans certaines directions, c’est simplement parce qu’il n’y a pas eu d’avions évoluant à basse altitude dans ces directions-là !
Voila. Et avec ça ? Hé bien on s’installe dans son fauteuil, et on suit le trafic. On s’amuse à regarder par la fenêtre si l’on voit passer l’avion qui est à l’écran. On essaye de comprendre les « couloirs ». On découvre les règles de navigation (les avions qui descendent sont à des niveaux de vol impairs, ceux qui montent à des niveaux de vol pairs, par exemple). On regarde passer sur l’écran l’avion postal qui vient de Corse, ou les longs-courriers qui vont à Windhoek ou Johannesburg…