L’actualité du microcosme s’est agitée ces jours-ci autour de « l’assurance OM ». Le REFU nous a fait l’honneur d’un communiqué dont il a le secret, qui consiste à nous dire, en substance
- Que ce que nous payions ne servait à rien
- Qu’on a qu’à se débrouiller tout seul pour l’avenir
C’est assez magnifique: Pendant des années, le REFU a fait l’intermédiaire (*) entre un assureur et nous en nous proposant la souscription d’une « assurance OM ». Et aujourd’hui, le même REFU n’y va pas par quatre chemins en nous écrivant que cela ne sert à rien puisque c’est généralement couvert par les assurances personnelles ! Alors de deux choses l’une: SOIT le REFU a raison, c’est couvert par nos assurances persos, et dans ce cas ça fait des années que le REFU nous enfume (**) en nous vendant une assurance inutile, SOIT le REFU a tort et il vous faut trouver une solution de remplacement. Et là, merci le REFU de nous laisser en plan à quelques semaines de la date d’échéance !
Alors, pour l’assurance comme pour le reste, il va falloir se débrouiller sans le REFU ! Comme j’ai parfois l’impression que la matière « assurance » semble aussi attractive pour le radioamateur lambda que la mécanique des fluides ne l’est pour moi, je vais essayer de vous transmettre quelques notions qui vous permettront peut-être d’y voir plus clair, et SURTOUT de prendre vos décisions en connaissance de cause.
A quoi sert une « assurance OM » ?
Il y a plusieurs « catégories » d’assurance:
- Celles qui assurent vos BIENS contre les risques qu’ils courent: On les appelle « MULTIRISQUES »
- Celles qui garantissent votre propre responsabilité si vous occasionnez des DOMMAGES A DES TIERS: On les appelle « RESPONSABILITE CIVILE » (RC)
- Celles qui assurent bibi si bibi met les doigts dans l’ampli ou le sgeg dans la steppir: Ce sont les assurances CORPORELLES
Cela est généralement assez confus, car en pratique, pour les particuliers, plusieurs catégories sont mélangées dans un même contrat. Par exemple, pour votre auto, si vous êtes assuré « tout risque », votre contrat couvre aussi bien votre voiture si on la vole (multirisques), votre voisin si vous défoncez son portail (responsabilité civile) et bibi si vous êtes blessé (corporelle).
Donc, premier point, vous devez examiner votre situation sur ces trois catégories. Appeler votre assureur pour lui demander si « vous êtes couvert pour la radio » n’a aucun sens, il faut savoir couvert contre quel risque !
Deuxième point, vous n’êtes pas obligé d’être assuré (ce qui n’est pas le cas pour la RC en automobile). Vous pouvez très bien choisir d’assumer vous-même le risque que vous courrez. Mais faites-le en connaissance de cause: Si vous décidez de ne pas prendre d’assurance multirisque, votre risque est limité: Vous perdez tout votre matériel, c’est tout. Si vous décidez de faire l’impasse sur votre assurance responsabilité civile, vous courrez un risque virtuellement illimité: Si votre pylône tombe sur la route au moment ou passe un camion citerne de produit toxique, vous pouvez occasionner des risques à hauteurs de centaines de milliers, voire de millions d’euros, et ce sera à vous de les payer. Et à vos enfants…
Ce point est à tempérer. Parfois, vous ne faites pas ce que vous voulez, par exemple si vous êtes locataire. Le bailleur va généralement vous imposer d’être assuré en RC.
Suis-je bien assuré ?
Nous avons tous, généralement, un contrat « multirisques habitation ». Allez chercher le votre, retrouvez les conditions générales et les conditions particulières, elles précisent normalement les garanties accordées. Si vous ne les avez pas, redemandez-les à votre assureur.
En ce qui concerne la MULTIRISQUES:
Vérifiez d’abord contre quels RISQUES vous êtes couverts. Le vol et l’incendie le sont, généralement, mais fouillez un peu plus les risques sensibles qui nous concernent: Dommages électriques, foudre, tempête…
C’est fait ? Maintenant regardez pour quel MONTANT. Deux questions à vous poser:
Est-il adapté ? Un montant adapté, c’est un montant qui est suffisant pour couvrir ce à quoi vous pouvez prétendre, mais qui n’est pas surévalué, sinon vous payez une cotisation trop élevé alors que vous ne recevrez pas plus.
Comment dois-je prouver l’existence de mes matériels, et comment est chiffré mon indemnité. Nous avons bien souvent, dans nos stations, des matériels à qui nous donnons une certaine valeur. Mais il ne sert à rien d’ajouter purement et simplement ces valeurs pour assurer le total si nous sommes dans l’incapacité, après sinistre, de prouver l’existence des matériels en question (matériel de construction maison, matériel acheté d’occasion) ou bien si l’assureur applique, pour le calcul de son indemnisation, des formules de déduction de vétusté et que le matériel est trop ancien !
En ce qui concerne la RESPONSABILITE CIVILE:
Vérifiez dans votre contrat habitation qu’il couvre votre responsabilité civile. Généralement, c’est le cas, mais dans des termes assez peu précis. Par exemple, le contrat couvre la responsabilité « dans le cadre de votre vie privée » mais ne précise pas ce que c’est que la « vie privée », ce qui laisse planer le doute.
Mon contrat stipule, par exemple « Nous garantissons les dommages matériels et immatériels causés aux voisins et aux tiers suite à incendie, explosion ou dégât des eaux ayant pris naissance dans les biens assurés et dont vous seriez responsable ». Incendie, explosion ou dégât des eaux, c’est bien gentil, mais cela ne couvre pas la chute du pylône, par exemple !
En ce qui concerne les dommages CORPORELS:
A moins que vous n’ayez une formule étendue ou des options, le contrat habitation ne couvre pas vos dommages corporels. Si cela est important pour vous, souscrivez donc une police « individuelle accidents » et vérifiez qu’elle couvre le risque de bidouillage de haute tension ou de chute de 12m de haut (bon courage !)
Je suis dans le doute, que faire ?
Vous avez relu vos contrats, et vous êtes encore plus soucieux qu’avant ? Un conseil: Prenez vos précautions ! L’assureur est fourbe, son jeu est d’encaisser le maximum de cotisation pour vous offrir le moins de garanties lorsque un dommage sérieux se produit. Exemples:
Vous voulez couvrir les risques matériels. Vous faites une liste de tout votre matos, en valorisant le vieux Heatkit à son prix d’achat, ou le transverter home-made au prix vu à la dernière brocante. L’assureur va se frotter les mains, ajouter XXK€ à la valeur de vos capitaux multirisques, vous faire payer une cotisation supplémentaire..et en cas de sinistre, bon courage !
Vous demandez à votre assureur si votre responsabilité civile est garantie. Il vous dira oui. Mais bizarrement, par téléphone uniquement !
Mon conseil: Interrogez votre assureur. Présentez-lui les choses, et obligez-le à vous conseiller, à adapter vos garanties. Exigez des réponses écrites à toutes vos questions et conservez-les.
A titre d’exemple, voici un courrier que j’avais envoyé à mon assureur il y a plusieurs années. Il n’est pas parfait, loin de là, il ne correspond qu’à ma situation de l’époque et surtout ce n’est que le début de la discussion, mais cela pourra peut-être vous inspirer ?
Adaptez vos garanties en fonction des réponses. Sauf cas très particuliers, il sera sans doute moins coûteux d’étendre un contrat existant auprès de votre assureur habituel que de souscrire un contrat « spécialisé ».
(*) J’emploie ce terme volontairement. La qualité d’intermédiaire en assurance est une profession règlementée. Le REFU n’est bien évidemment pas un intermédiaire en assurance immatriculé à l’ORIAS. Ceci explique peut-être (mais ce ne sont que des supputations) les ennuis du REFU avec la DGCCRF et consorts.
(**) Cette situation me rappelle celle de la fameuse obligation d’abonnement à Radio-REF: On nous explique pendant des années que c’est comme ça, qu’il faut payer, et puis du jour au lendemain, on fait volte-face. Et le plus drôle, c’est que personne ne vient réclamer des comptes, au nom de l’association qui y laisse sa crédibilité morceau par morceau !