Les SDR défient l'entendement

Voila deux fois que je tombe de haut en prenant connaissance d’applications (matérielles ou logicielles) des « SDR » que je trouve particulièrement novatrices. Il fallait que j’essaye de mettre par écrit mes sentiments à ce sujet.

Prenons le cas de nos bonnes vieilles cartes son. Depuis des années, nous les utilisons, branchées à nos émetteurs ou à nos récepteurs, pour coder ou décoder une multitude de modes particuliers. La carte son numérise la bande passante audio, et l’ordi travaille en décodage sur les informations numérisées (l’inverse en émission). Cela, depuis le temps, nous l’appréhendons bien.

Avec les SDR, tout change d’envergure. On ne travaille plus sur des fréquences audio, mais sur des fréquences radio. Les transceivers commerciaux actuels fonctionnent ainsi: La FI est récupérée par un DSP qui traite le signal comme le programmeur le souhaite.

La partie matérielle du poste devient une « plateforme » servant à faire tourner un logiciel, qui fait la plus grosse partie du boulot (enfin.. c’est un peu vite dit.. comme dit l’adage « garbage in, garbage out »). Je pense que l’ampleur du changement est comparable au passage de la machine à écrire au traitement de texte sur ordinateur. A première vue, le but est le même, mais nous cernons aujourd’hui les possibilité de la micro-informatique, alors que son avantage sur la machine à écrire n’était peut être pas si évident il y a 30 ans.

Ainsi, un transceiver conçu comme un SDR peut se voir du jour au lendemain ajouter certaines fonctions par simple mise à jour de son logiciel. Vous achetez un récepteur qui ne reçoit pas la FM, et hop, après une mise à jour logicielle, voila qu’il sait le faire !

Notez que l’architecture peut varier. On peut tout aussi bien faire le boulot avec du « matériel de traitement numérique du signal » interne à un PC (en résumé, avec une carte son) c’est à dire hors du transceiver, qu’à l’intérieur de ce dernier.

A ce stade, on commence à brouiller les pistes: Dans nos petites têtes, nous avions bien cloisonné les choses. Toi, le TRX, tu t’occupes de la radio, toi le PC tu t’occupes de l’audio. Quand on regarde un PC avec un petit circuit « SoftRock » de quelques centimètres carrés nous afficher le spectre de toute une bande et nous restituer le son de telle ou telle station, nos repères se brouillent.

Mais les possibilités d’une telle division des tâches sont virtuellement illimitées, et quand ça devient vraiment innovant, quand c’est vraiment du travail d’artiste, là, moi, ça me laisse songeur.

Quelques illustrations marquantes:

Un exemple: Vous êtes dans un salon radioamateur. Un revendeur présente des transceivers. Contrairement à l’habitude (ou les transceivers présentés ne sont raccordés à aucune antenne)(merci les revendeurs), celui-ci à l’air de recevoir quelque chose. Vous vous approchez, vous augmentez le volume, et effectivement, il reçoit plein de stations. Il y a visiblement un contest. Vous tournez le VFO, et effectivement la bande est surpeuplée. Le vendeur vous dit « oui oui, c’est le CQWW SSB ».

Ce n’est pourtant pas le dernier week-end d’octobre ! Etonnant ? Non, pas avec la « time machine ».

Cette application (vieille de plusieurs années), à classer comme SDR, permet de numériser et d’enregistrer toute une bande (20m, par exemple) puis de la faire restituer par un vrai récepteur. Ce que vous entendez est un enregistrement, et en tournant le VFO, vous faites un QSY « dans le passé ». Imaginez votre tête si à ce moment vous entendez.. vous même !

Notons que l’enregistrement et la restitution d’une bande entière peuvent très bien se faire sans time machine, directement sur PC. Mais quand la restitution provient d’un récepteur, vraiment, les bras nous en tombent.

Prenons un autre exemple. Vous ne connaissez pas (ou mal) le morse. Comme moi, vous utilisez une « béquille », comme « CWget« . Ce petit logiciel décode assez bien les signaux reçus. Il faut simplement raccorder la carte son à la sortie audio du récepteur. Vieille méthode.

Faites entrer les signaux radio dans le PC, par exemple la FI de votre récepteur, et faites tourner « CW Skimmer« . Cette application va décoder TOUT ce qui passe dans TOUTE la bande. Jusqu’à 700 stations simultanément ! Vous n’avez plus besoin de cluster. Vous n’avez plus besoin de tourner le VFO. Vous voyez tout ! Vous êtes le roi du monde ! Spectre-man !

Ce n’est que pour le morse, mais « RTTY skimmer » ou « PSK skimmer » ne doivent pas poser de difficulté. Pour « SSB skimmer », il faudra sans doute attendre encore un peu, mais avec la reconnaissance vocale, et compte tenu de l’alphabet international, ça semble être à portée.

Imaginons que vous fassiez un contest avec cet outil. Devez-vous considérer que vous êtes « assisté », comme si vous utilisiez un cluster ? Ca se discute.

Un robot qui, à partir des signaux décodés, fasse un QSO automatiquement ? Ca existe depuis 15 ans, mais la généralisation, c’est pour quand ? Et pourquoi un QSO d’ailleurs ? En produisant un signal à fréquences multiples (multiplexé) vous pourriez répondre simultanément à plusieurs stations. Et si ça coince au niveau du règlement, le robot n’aurait qu’à intercaler les points et les traits d’une émission dans les blancs d’une autre. Voila que subitement, votre station devient capable de faire 10, 20, 100 QSO simultanément, sur la même bande. Pfiouu, va falloir trouver du monde pour tenir 48 heures !

Autre idée: A partir du moment où vous avez numérisé les signaux, ils peuvent circuler n’importe où, via l’internet haut débit. On pourrait donc imaginer un récepteur logiciel à « diversité géographique » qui utilise en les combinant des sources provenant de récepteurs SDR disséminés dans le monde entier. D’accord, des récepteurs à distance, il y en a déjà plein, mais là en l’occurence, le travail final de réception se fait chez vous ! L’internet ne sert que de substitut ionosphérique !

Autre chose. Imaginons qu’à la place des balises NCDXF on installe des récepteurs « skimmers » et que les récepteurs en question produisent des « spots » pour chaque signal décodé. Hé bien là on aurait fait le tour. Plus aucun signal ne resterait caché. Ce serait le cluster ultime. Vous appelez CQ sur une fréquence, un « skimmer » de quelque part vous décode et vous spotte instantanément. Les utilisateurs du cluster voient tout, tout de suite.

Paradis ou enfer ? J’avoue que mon coeur balance. Cela dépendra largement de ce que nous en ferons. Le développeur du « robot de contest », par exemple, a soigneusement évité de répandre son invention après avoir démontré le concept. Mais il faut avouer que c’est extrêmement palpitant.

Des liens pour le week-end (S10)

Je suis généralement réticent à poster ici de simples liens. Ceci est un blog, pas un catalogue. Pour autant, il m’arrive de croiser, parfois, quelques sites web que j’aimerai partager avec les copains, soit parce qu’ils sont intéressants, soit parce qu’ils sont drôles. Je vais donc tenter de regrouper quelques liens collectés dans la semaine dans un seul article, que je vous livrerai pour le week-end, chaque vendredi à 17H. Nous verrons bien si l’idée dure.

Pour cette fois, je vous propose d’aller faire un tour:

Bon week-end !

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DX-pedition

En principe, je serai actif sous l’indicatif TK7C du 3 au 10 Mai, en compagnie de F4TTR, F9IE, F5AGB, F6BIV et F8BJI ! Il est prévu d’avoir trois stations sur l’air simultanément (3 stations 24H/24 en étant 6 opérateurs, qui a dit que ce seront des vacances ?)

Je suis corse, et j’ai vécu à Ajaccio jusqu’à 15 ans. Ma famille est originaire du sud de l’île (vers Figari), où il nous arrive de retourner.

Je n’ai pourtant pratiqué la radio en Corse qu’à de rares occasions, la dernière en date étant sous l’indicatif TK1KJ lors du CQWW SSB 2006.

Souffrant un peu du syndrome du « radioamateur isolé », j’ai sauté sur l’occasion lorsque l’on ma proposé de prendre part à une expédition DX organisée sur l’île de beauté par l’équipe de F6KOP !

La participation à une expé sera une première pour moi ! A suivre…

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Le ridicule ne tue pas

Heureusement pour WB6ZQZ:

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Allez, je suis un peu dur, mais c’est la première remarque que je me suis faite en parcourant ce site consacré aux « lançeurs d’antennes pneumatiques ». Sans doute performants, peut-être utiles, mais n’empêche qu’en période de vigipirate, vaut mieux se méfier !

K3 (encore !)

De retour de vacances, j’ajoute rapidement un lien vers le test du K3 par le labo de l’ARRL pour la revue QST d’Avril, qui est en ligne gracieusement. Les résultats sont concordants: « The results are impressive. Overall receiver performance is right up there with the best radios the Lab has ever measured, and this is the first receiver we’ve tested with better than 100 dB IMD dynamic range at the closer signal spacings« .

Le K3 dispose du meilleur récepteur disponible sur le marché.