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Modes numériques

Sans doutes fachés par le revers que leur a infligé l’administration à qui ils avaient présenté des demandes d’autorisations dérogatoires concernant des modes et protocoles novateurs, les radioamateurs de l’association DR@F (qui œuvre à la promotion du mode D-Star en France) pointe du doigt une situation assez « amusante ».

Si l’on se réfère à l’Annexe 2 de la décision ART n° 2008-0841 du 24 juillet 2008 désignant des bandes de fréquences pour les installations de radioamateurs fixant les conditions d’utilisation des fréquences dans ces bandes et les conditions d’utilisation des installations de radioamateurs (ouf) on peut constater que nous sommes autorisés en A1A*, A1B, A1D, A2A*, A2B, A2D, A3E, A3F, A3C, C3F, F1A*, F1B, F1D, F2A*, F2B, F2C, F2D, F3C, F3E, F3F, G1D, G1F, G2D, G3C, G3E, G3F, R3C, R3D, R3E, J1D, J2A*, J2B, J2C, J3C, J3E, J7B.

Super. Ces classes d’émissions cabalistiques, nous les avons apprises pour la licence, et depuis, à part pour quelques QSL d’allemands rigoureux (pléonasme) ou d’hyperistes pointilleux (pareil) on ne s’en sert jamais.

Prenons des bons vieux modes comme on aime les nommer. Le RTTY par exemple. En langage UIT, cela correspond à de la télégraphie pour réception automatique, modulée en un signal unique, numérique, sans sous-porteuse. Si l’on fait ça en BLU (pardon, en modulation d’amplitude à bande latérale unique avec porteuse supprimée), on émet donc en J3B.

OK ? Hé bien le J3B, ça n’est pas autorisé !

Je n’ai pris qu’un exemple, et on pourra ergoter et torturer les classes d’émission sans fin pour essayer de « reclasser » le RTTY dans un mode autorisé. Ce n’est pas le sujet. Ce qui est important, c’est que le DR@F s’amuse ainsi à dresser une liste des modes numériques que nous utilisons de façons plus ou moins habituelle sur nos bandes, mais qui est pourtant illégale.

L’association joue à quitte ou double. En faisant cela, elle envoie le message suivant à l’administration et au REFU: Vous n’avez pas voulu autoriser/défendre notre demande pour le DSTAR, hé bien regardez, tout le monde fait des trucs interdits. Alors maintenant soit vous nous autorisez, soit vous sanctionnez tous les autres, en espérant que la dernière solution soit intenable, et donc que la première lui soit préférée.

Packet: Souvenirs, souvenirs

Je vous parle d’un temps que les moins de 15 ans ne peuvent pas connaître ! Quinze années, cela nous renvoie à 1994, année d’avènement de l’internet pour le « grand public » (initié).

Avant que l’internet n’en signe l’arrêt de mort, les radioamateurs s’étaient lancé dans une formidable aventure collective: Le réseau packet-radio. C’était une aventure formidable, une occasion unique d’étendre nos connaissances sur tous les plans (depuis l’humain jusqu’à la technique réseau, en passant par la radio bien sur).

Souvenirs en vrac pour les anciens, découverte pour les plus jeunes…

– A la base, il y avait un réseau physique. Des émetteurs-récepteurs, des antennes, des fréquences, des « modems ». Des fréquences pour les utilisateurs, des fréquences pour la communication entre les « cellules » du réseau. Des fréquences à négocier entre voisins (même les plus tarés). Voyez quelques cartes de réseau, par exemple Montpellier, le Sud-Ouest, FCEN-FPOC, ou lisez ce point sur le réseau « Provence » ou sur les systèmes installés à Lyon). Des « modems » aussi. Pour les utilisateurs, les TNC (qui comportaient leur propre intelligence, comme les TNC2 ou PK232), que l’utilisateur devait paramétrer en leur envoyant des commandes aussi nombreuses que cryptiques) laissèrent ensuite la place aux simples modems, dont l’intelligence était déportée dans le PC (les « Baycom »). Côté réseau, les PC restaient le point faible et on leur préférait souvent du matériel « en dur » (RMNC par exemple). Ce catalogue avait de quoi faire rêver, mais faute de fonds suffisants, les systèmes réels tournaient la plupart du temps sur du matériel de récup, bien plus modeste.

– Sur ce matériel tournaient des « nodes ». Aujourd’hui, on dirait des « routeurs ». Pas très intelligents au début (TheNet), puis prenant en charge le transport d’un point à un autre. Avec des routages hiérarchiques fixés (FPAC) ou mieux, dynamiques et adaptatifs (FLEXNET). Aux grand jours, le réseau FLEXNET permettait par exemple de se connecter en direct jusqu’en Allemagne, depuis Montpellier. Le débat faisait rage, et pour suivre, connaissance impérative de l’AX25 ! Le moindre « bit » était débattu, par exemple pour gérer les accès multiples (CSMA, BTMA.. DAMA) et éviter les congestions.

– Sur ce réseau de transport tournaient des applications. Des BBS bien sur, le fameux serveur FBB. Il permettait d’échanger des messages d’un bout à l’autre de la terre en quelques jours. Des messages privés, mais aussi des « bulletins ». Côté utilisateur, le serveur diffusait en trames « unproto » la liste des messages arrivés. Les utilisateurs pouvaient utiliser des lecteurs « hors ligne » comme le fameux TPK pour rapatrier les messages à la maison et les lire (et y répondre) sans encombrer la fréquence. Cela avait aussi l’avantage de les transférer les messages « compactés », donc illisibles, sinon tout le monde voyait vos messages perso défiler sur l’air ! De l’autre côté, les serveurs acheminaient les messages de voisin en voisin, selon des tables de routages définies manuellement par les SYSOP, sur des fréquences dédiées et en mode compressé lui aussi. Ce « forward », dans les cas les plus délicats (liaisons intercontinentales), pouvait avoir lieu en décamétrique, ou bien par l’un des satellites packet amateurs !

Mis à part la messagerie, les serveurs FBB proposaient d’autres services, comme des bibliothèques de logiciels. Elles étaient accessibles à distance par messagerie interposée, grâce à des services de « découpage/encodage à la demande » genre AUTO7P!

Il y avait aussi des clusters, qui fonctionnaient sur ce réseau. Les utilisateurs y envoyaient leurs bons tuyaux DX. Transmis de proche en proche à 1200bps, avec des erreurs, des engorgements et autres aléas, inutile de préciser qu’une info venant de loin mettait quelques minutes pour arriver chez vous !

Tout cela a disparu aujourd’hui. Les clusters perdurent sur l’internet, les messageries ont été remplacées par l’email, le réseau packet s’est arrêté d’autant plus vite que l’arrêt d’un node condamnait son voisin. Les fréquences sont muettes. L’intelligence du défunt réseau est remplacée par les affres du transport en mode « non connecté » de l’APRS.

Faut-il le déplorer ? Je ne pense pas que les radioamateurs avaient vocation à maintenir un tel système. Notre rôle est expérimental, et nous avons donc expérimenté ! Dans tous les domaines, avec beaucoup de plaisir et autant de bons souvenirs !

Commutateur d'antenne (suite)

Suite à mon dernier article sur les commutateurs d’antennes, j’ai eu quelques retours.

Concernant les prix, il est vrai que certains commutateurs sont assez économiques. On trouve des Ameritron pas chers, surtout compte tenu du cours actuel du dollar. Monter le système soi-même revient peut être au même prix.

Bon.. mais si vous achetez un Ameritron pour finalement tout changer dedans (j’aime pas les PL, je vais mettre des socles N.. ah et puis j’aime pas ces relais, je vais en mettre des meilleurs.. et puis ce boitier ne m’inspire pas, je préfère la fonte d’alu.. finalement il ne restera que le circuit imprimé d’origine !) l’opération est moins rentable. D’un autre côté il faut bien régler le problème, et l’Ameritron permet de le faire à moindres frais.

Concernant la commande, c’est un peu pareil. Après avoir fouillé un peu, je pense que les solutions 1-wire pourraient être intéressantes. Regardez ce petit dépliant par exemple. Je suis sur qu’un OM un peu bidouilleur aurait vite fait de nous pondre un système de commande sympathique. Un contrôleur avec boutons + port pour contrôleur de bandes + port COM/USB côté station, une platine additionnelle pour piloter les relais côté antennes. Le bus 1-wire fonctionne jusqu’à plusieurs centaines de mètres, s’auto-alimente, permet d’avoir plusieurs « récepteurs » etc etc..

Je n’ai pas regardé le fonctionnement du « fil pilote » (qui commande les radiateurs électriques dans les maisons modernes) mais il y a peut-être de bonnes idées à gratter de ce côté là également ?

C’est peut être moins « agricole » (HI)  que d’envoyer direct la tension de commande du relais depuis l’autre bout, mais c’est plaisant intellectuellement !

Bref, là aussi, le mieux est peut être l’ennemi du bien et j’ai peut être tort de me torturer l’esprit ou d’envisager de développer moi-même ce genre de choses pour lesquelles je ne suis pas compétent.

Mais au moins pour la commande je suis content d’avoir trouvé une solution qui me semble adéquate !

NB: Si les fabricants de matériel OM fouillaient un peu la question, il est évident qu’ils pourraient nous proposer des systèmes de commande sympathiques. Quand on prend le cas d’une station avec un commutateur d’antennes, un rotor et une Steppir, on arrive quand même à un bon petit tas de câbles de commande dont le coût pourrait être amorti par l’économie de câbles ! Je suis sur qu’il y aurait un « marché » pour une solution de simplification ! Qui sait, si un électronicien entreprenant lis ces lignes…

Bon exemple

Je ne suis pas un ayatollah de la QSL via bureau. Le bureau, c’est long et incertain. Après avoir contacté un DX qui m’apporte quelque chose de nouveau, je préfère généralement envoyer ma carte en direct, ou mieux la demander par les systèmes OQRS lorsqu’ils existent.

Pourtant, il faut bien avouer que certains exagèrent, et ne font rien d’autre que vendre leurs QSL. Cela n’est pas acceptable. Mon point de vue est qu’une possibilité d’obtenir gratuitement la confirmation de ses contacts (via bureau ou LotW) devrait toujours être ouverte.

En refusant de créditer les QSO réalisés par l’expédition italienne C91VM au Mozambique (AF-061, AF-066 et AF-088), la RSGB / IOTA montre le bon exemple: Cette expédition impose un don de 5USD pour recevoir une carte (à défaut, elle serait envoyée via bureau et dans longtemps).

Les QSLs en question, si elles ne sont plus valables pour le IOTA, ne servent plus à grand chose. Il y a donc fort à parier que beaucoup moins de monde les demandent, et que les italiens fassent finalement une mauvaise opération !

Bravo le IOTA ! Exemple à suivre pour le DXCC…

Nouvelles en vrac

Automne @ F1JKJ

Me voici revenu pour quelques nouvelles:

Le CQWW SSB, c’était bien. Je ne participai pas pour concourir, mais pour y grappiller de nouveaux pays sur de nouvelles bandes, particulièrement sur 28MHz compte tenu de la bonne propagation que j’avais pu observer le vendredi. Et ça a bien marché: Le dimanche matin, j’ai contacté des stations VK4, YC9, VR2, VK9, HS0, AH0, 3W.. et le dimanche après midi c’était au tour de l’amérique centrale avec HC8, P4, KP2, VP5, FS, V2, 8P6 etc.. Tout ça sur 10m !

Ensuite, j’étais en vacances en Corse pour une semaine, mais sans radio. J’ai quand même rencontré Patrick, TK5EP, pour la première fois « de visu » après pas mal d’échanges par email et quelques contacts radio.

Enfin, hier, c’était le salon de Monteux. Toujours un aussi bon moment, avec cette année un renfort du côté du stand du CDXC / UFT puisque F2VX, F4AJQ et F5VHQ avaient fait le déplacement pour l’occasion. Quelques photos sont sur le site CDXC.